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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 16:10
Au sujet de la candidature Mélenchon

     Cela fait plus de 6 mois que Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature pour les Présidentielles de 2017. J'ai évoqué, à cette époque, dans un article, son passage à "On n'est pas couché" : http://gerard.fretelliere.over-blog.com/2016/02/on-n-est-pas-couche.html

 

     Malheureusement, mon analyse n'a pas été infirmée depuis 6 mois (pas plus que celle de Philippe Marlière à laquelle je renvoyais). C'est navrant car j'avais fait campagne pour Mélenchon en 2012. Certes, en un peu moins de quatre ans, que de changements !

 

    Commençons par le contexte : 

 

    Ce qui ne change pas, par rapport à 2012, ce sont les institutions françaises qui sont exactement les mêmes. Le présidentialisme mine la démocratie. Le minimum que l'on puisse exiger d'un candidat de gauche est de le dénoncer. JLM semble plutôt s'y mouler. 

 

    Ce qui a changé, par contre, depuis 4 ans et demi n'est pas négligeable. Trois exemples

 

         - D'une part, Hollande a été élu Président de la République.

 

     Il a été choisi principalement contre Sarkozy mais, également, dans l'espoir d'une politique tant soit peu à gauche. Dire qu'il a déçu est peu dire. Mélenchon et son parti ont eu raison de se démarquer en toute circonstance de la politique gouvernementale et du PS qui défend cette politique. Ce que le PCF, très divisé, n'a pas toujours fait. Mais il ne suffit pas de dénoncer ; il faut proposer. Là, Mélenchon et le Front de Gauche en général ont été légers. Pas facile certes mais cela a laissé les coudées franches au FN. 

 

         - Ensuite, le terrorisme djihadiste a semé la terreur en France

 

    Faisant un nombre exceptionnel de victimes et entraînant un virage à droite aussi bien de la droite que du PS mais, également, de l'opinion. La gauche est mise au défi et les réponses sont parfois confuses (en particulier pour définir notre adversaire ou pour appréhender le retour du religieux, surtout chez les musulmans)

 

    - Des expériences de renouvellement de la gauche se sont manifestées dans plusieurs pays.

 

     Élection de Jeremy Corbyn à la tête du Parti Travailliste au Royaume Uni ; très grand succès de la campagne de Bernie Sanders pour les primaires démocrates aux États-Unis ; victoire électorale de Syriza en Grèce ; progression spectaculaire de Podemos et des listes citoyennes en Espagne. Ces 4 exemples (il y en aurait d'autres de moindre ampleur) tiennent un peu du miracle : un an auparavant, bien fol qui aurait misé un sou sur l'apparition d'un puissant mouvement de gauche à l'intérieur aussi bien qu'à l'extérieur du parti de gauche dominant ! Nous avons beaucoup à en apprendre y compris des échecs ultérieurs : défaite honorable du candidat "socialiste" américain, incapacité à défendre une position anti-Brexit de gauche, capitulation face à la "troïka", victoires électorales dans de grandes villes mais impossibilité de dépasser le PSOE. Mais il faut éviter un contresens : ces expériences ne sont pas transposables mécaniquement en France du fait d'un système politique différent, y compris aux États-Unis où, s'il s'agit également d'élire un Président aux pouvoirs forts étendus, les modalités d'élection sont fort différentes. Il ne semble pas que les militants français, et Mélenchon en particulier, aient pris conscience de ce problème en voulant s'inspirer de ces quatre exemples. Ainsi, alors qu'en Espagne, en Grèce ou au Royaume-Uni, il faut obtenir le maximum de voix, il faut être présent au second tour en France. 

 

     La stratégie à adopter en France doit tenir compte de tous ces éléments.

 

     Sachant que :

 

          -  Le Front National a réalisé encore des progrès depuis 2012 et est, aujourd'hui, quasiment assuré d'être présent au second tour (j'écris "quasiment" car les quelques élections partielles qui se sont déroulées ces derniers mois - en Sarthe ou ailleurs - montrent un net recul du FN).

          - La droite a peu de chances d'être éliminé du tour décisif même si les haines féroces en son sein peuvent l'affaiblir. 

 

         - Que Hollande est au fond du trou et risque d'y rester. 

 

    Il paraît évident que la seule stratégie possible est de rassembler TOUS ceux qui ne se résignent pas. Soit à choisir à nouveau Hollande pour que la gauche (ou ce qui est nommé ainsi) accède au second tour, soit à voter à droite comme moindre mal au second tour. C'était le sens de l'appel du 1er mai 2016 dit, également, "Appel des 100". http://gerard.fretelliere.over-blog.com/2016/05/premier-mai-2016-un-appel-bienvenu.html

 

    Il semble que la stratégie de Mélenchon soit tout autre. Il pense qu'il peut dépasser Hollande ; ce que lui promettent certains sondages à 6 ou 9 mois des élections. Je ne crois pas qu'il imagine être présent au second tour mais il suppose certainement qu'ayant pris la première place à gauche, il sera le mieux placé pour reconstruire après la défaite. Bref : prendre la place des "Solfériniens" (du nom de la rue de Solférino où est le siège du PS). Il oublie une chose (en fait, il le sait très bien mais peu lui chaut) : en cas d'absence d'un candidat de gauche au second tour, il n'est pas du tout certain qu'il empoche la mise  ; surtout s'il perd son pari et termine à 10 ou 12%. Je veux bien admettre qu'il fallait que quelqu'un sorte du bois face à Hollande mais la tactique qu'il a adoptée gêne la possibilité d'un rassemblement. 

 

    Erreur tactique. Ou, plutôt, tactique d'isolement volontaire ?

 

    En annonçant unilatéralement sa candidature, Mélenchon met tout le monde au pied du mur (La question posée tend à être exclusivement : pour ou contre Mélenchon). Non seulement ses partenaires du Front de Gauche mais, également, des alliés potentiels au sein du PS, chez les Verts ou dans d'autres mouvements politiques. Je suppose que le Parti de Gauche, parti qu'il a créé en quittant le PS, était d'accord avec sa stratégie. Mélenchon se défend de jouer perso. Dans une entrevue avec un journal communiste, il réplique qu'il avait procédé de la sorte en 2011 - 2012 et que, finalement, le PCF avait voté en faveur de sa candidature. Sauf qu'à l'époque, il y avait un Front de Gauche dont il était un des porte-paroles et que sa candidature s'inscrivait dans ce cadre. Pas cette fois-ci !

 

    Face à cette situation, les partenaires potentiels ont des attitudes diverses. Une poignée de dissidents PS de fraîche date le soutient depuis le début. Des militants du PCF ou d'Ensemble ! ont fait de même en prenant de court les militants de leur organisation. Un appel récent, provenant surtout d'autres militants PCF, va moins loin et propose une campagne commune avec Mélenchon (soutien et non ralliement). D'autres ne se reconnaissent pas dans cette candidature pour des raisons de fond ou de forme. Un exemple : https://www.ensemble-fdg.org/content/faisons-front-commun-un-cas-de-resignation-politique

 

     Mélenchon n'en a cure ou fait semblant de... Pour lui, les partis sont dépassés ; il lance sa campagne en dehors du cadre des partis (pour reprendre sa formule). Il a créé un mouvement : "La France Insoumise" (formule un peu gênante qui semble préférer un pays à ses habitants). Il argue du soutien de 100.000 "insoumis". Ce chiffre est suspect non seulement parce qu'il s'agit d'un chiffre rond mais surtout parce qu'il ne correspond en rien à ce que l'on constate : quelques affiches, quelques réunions confidentielles, une poignée de militants) en dehors de quelques meetings assez suivis. Bref : pas du tout de raz de marée.

 

    Les organisations politiques comme Ensemble ! qui ont discuté pour voir quelle campagne commune pourraient être initiées se sont heurtées à une fin de non recevoir. On adhère individuellement à "La France Insoumise" ; les militants peuvent lui envoyer leurs propositions et le candidat verra ce qu'il en fait. On est loin, très loin de l'élaboration collective. cela ressemble à la façon de procéder du Moviento 5 Stelle en Italie ou de Podemos en Espagne ; avec les dérives que l'on sait

 

     Avec le PCF, c'est plus compliqué.

 

          Dans le défunt Front de Gauche, il y avait une sorte de partage des tâches : les communistes fournissaient les militants, les élus voire l'intendance ; Mélenchon était le tribun. Il  y avait bien (il y a encore)  le Parti de Gauche, fondé par le même Mélenchon qui malgré une discipline de fer et l'aura de son fondateur, n'est pas devenu un parti de masse.il y a plus qu'une similitude avec Mitterrand quand il fut candidat unique de la gauche en 1965 et qu'il s'est servi de sa candidature pour, à terme, avec ses amis de la CIR, prendre la direction de la FGDS puis du PS, dépasser le PCF et se faire élire. 

 

     Maintenant, Mélenchon veut pouvoir se passer du PCF. Il ne l'a pas réussi après 2012 mais il veut désormais le forcer à se soumettre ou se démettre. 

     Dans cette compétition feutrée, il y a deux enjeux :

 

    - Les signatures pour pouvoir se présenter. Mélenchon en annonce 200 dont quelques dizaines provenant d'élus PCF. Disons-le franchement : ou les chiffres sont faux ou ses partisans sont incompétents. Dans chaque département, il existe au moins une dizaine de maires de gauche non inféodés au PS et qui n'appartiennent ni au PC ni à EE-LV. Il n'y a donc point même besoin des communistes à condition que Mélenchon présente un programme de rassemblement. ce qui n'est pas le cas ! On peut supposer que le PCF va monnayer chèrement ses signatures qui semblent indispensables. 

 

    - Les candidatures aux législatives. Mélenchon annonce que "La France Insoumise" aura des candidats partout. Facile sur le papier ; il suffit de mois de 1200 noms ! Sauf que pour se faire élire face au vent de droite, il faudra plus que le label Mélenchon. Le FN s'en est rendu compte aux dernières départementales. De son côté, le PCF tient à avoir ses candidats et des députés. ce ne sera pas facile ; s'il doit affronter une concurrence fratricide, il mord la poussière. 

 

    Et si on parlait argent ? 

 

    Un reproche est fait à Mélenchon : il ne fait pas appel aux dons militants comme Sanders qui a été d'une extraordaire efficacité dans ce domaine. Cette critique est, en partie, mal venue. En effet, l'État rembourse une partie de la campagne pour les Présidentielles. Très précisément jusqu'à 47,5% du plafond pour ceux qui dépassent 5% et quand même 4,75% pour les autres. Il s'agit d'un maximum car il n'y a remboursement que dans la limite des sommes dépensées. Concrètement, Mélenchon espérant dépasser les 5% se ferait rembourser, au maximum, quasiment la moitié du plafond. S'il ne dépense que la moitié du plafond, on comprend qu'il ne lui reste presque rien à sa charge. Ajoutons que les dons viennent en déduction des remboursements et on conclura que ceux-ci ne servent pas à grand chose. Mais, il faut avancer l'argent et il faut donc faire appel aux banques. Celles-ci sont réticentes à s'engager dans la mesure où JLM dit qu'il n'a pas ses 500 signatures. Quadrature du cercle qu'il devrait plus expliciter. 

 

    Un mot sur le programme pour finir. 

 

    Comme nous l'avons vu, c'est Mélenchon qui aura le dernier mot. Pour le moment, on reste sur sa faim. On n'a pas beaucoup avancé depuis 6 mois. Ou plutôt, il y a confirmation des inquiétudes après quelques dérapages concernant les immigrés, le burkini, Poutine, etc... Une vision nationaliste qui entraîne sur une penste glissante. On espère, au moins, une autocritique. 

 

 

 

21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 06:10
Inauguration du Maltais Rouge

     Clin d'oeil à Corto Maltese (pour ceux qui ne comprennent pas l'italien : maltese signifie maltais). 

 

     Il s'agit dans ce cas précis de l'ancien siège du PSU : occupé ensuite par l'AREV puis Les Alternatifs ainsi que par les "Amis de Tribune Socialiste" et "l'Institut Tribune Socialiste" (voir lien à ce nom). Ce qui explique l'adjectif "rouge". 

 

     Et quand vous saurez que ce lieu rénové se situe rue de Malte, près de la République, vous aurez tout compris.

 

 

20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 18:40

     Manifestation à Rennes à partir de 15 h. Départ du Mans à 12 h

20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 17:24
 5 ans déjà !

     Non ce n'est pas un évènement tragique que j'évoque mais le début de mon blog que j'ai donc démarré le 20 septembre 2011.

 

     Petit bilan chiffré : 

 

    - 780 articles soit une moyenne de 13 par mois. Le sommet a été atteint en mars 2015 avec 37 articles. Environ la moitié des articles est composé de textes écrits par moi ; l'autre moitié est constitué par des articles ou autres documents provenant d'autres sources (surtout le site de "Ensemble")

 

     - 51.185 pages vues soit une moyenne de 853 par mois. Le départ a été fort modeste (91 pages vues seulement en octobre 2011, premier mois "plein") puis j'ai trouvé un rythme de croisière avec une très belle pointe en mars 2015 (encore) où 1870 pages ont été vues. Il ne m'est pas possible de savoir quel a été le jour où le plus de pages ont été lues mais j'ai dépassé plusieurs fois les 100 pages vues par jour. Par contre, comme il y a eu presque 31.000 "visiteurs uniques", cela me chagrine car j'ai l'impression que la plupart de  ceux qui s'intéressent à ce blog ne font que passer.

 

     Merci à tous mes lecteurs  : ceux de ce blog et ceux qui lisent sur facebook les articles de ce blog. J'aurais un seul souhait : réagissez ! Car je ne reçois que très peu de commentaires. Or, je n'ai pas l'outrecuidance d'imaginer que mes articles sont parfaits. Pour le moins, imitez les lecteurs qui me citent dans leur propre blog ou qui y créent un lien vers moi. 

 

     Au fait : savez-vous où a été prise la photo qui illustre ce blog ?

 

 

 

          

18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 06:32
16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 17:08
Chroniques canadiennes (13)

     Non ! Il ne s'agit pas du drapeau français. Malgré les 3 couleurs identiques. Car, en regardant bien, on constate que le coin supérieur gauche est marqué d'une étoile jaune. Il s'agit donc du drapeau acadien. Drapeau d'un pays qui n'existe pas selon les normes internationales mais dans le coeur des Acadiens. On devrait donc plutôt écrire : drapeau des Acadiens. 

 

     Les Acadiens possèdent également une fête nationale : le 15 août. C'est à dire le jour de l'Assomption (ou de Sainte Marie qui est la patronne des Acadiens). Et l'étoile jaune est la "stella Maris", l'étoile de Marie. 

 

     Par voie de conséquence, l'hymne acadien est l'Ave Maris Stella dans une version adaptée.

Ave Maris Stella
Dei Mater Alma
Atque Semper Virgo
Felix Coeli Porta (bis)

Acadie ma patrie
À ton nom, je me lie
Ma vie, ma foi sont à toi
Tu me protégeras (bis)

Acadie ma patrie
Ma terre et mon défi
De près, de loin tu me tiens
Mon coeur est acadien (bis)

Acadie ma patrie
Ton histoire, je la vis
La fierté, je te la dois
En l’avenir, je crois (bis)

(Refrain)

 Enfin, il y a une devise "L'union fait la force"

 
Sources :

     Les espriits chagrins - par exemple des Français "laïques" - seront sans doute choqués par l'association de symboles nationaux utilisant les couleurs de la "République"  avec des symboles religieux. D'ailleurs, cela va plus loin puisqu'on peut trouver ce drapeau dans des églises comme le montre cette photo prise à l'église Sainte Cécile de la Petite Rivière Saint François sur l'île de Lamèque (les Saboliens seront sans doute intéressés de savoir que s'y déroule, en juillet, un festival de musique baroque)

Chroniques canadiennes (13)

     Il est vrai que la photo a été prise quelques jours après le 15 août et que les festivités de la "fête nationale" débutent généralement par une messe. 

 

     On aurait tort de croire que ce nationalisme à connotation religieuse est une exception. Au Québec, c'est le Saint Jean Baptiste, le 24 juin, qui est la fête nationale mais, eux, sont moins "républicains" car ils utilisent la fleur de lys royaliste comme drapeau. On pourrait également citer le rôle de l'Église catholique dans la préservation d'une culture nationale en Pologne, en Irlande (même si la langue a été perdue en très grande partie), en Lithuanie et, dans un tout autre contexte, et avec une autre Église chrétienne, chez les Grecs (avant l'indépendance) et les Arméniens. 

 

       On peut affirmer que si la langue française s'est maintenue contre vents et marées au Canada, c'est en grande partie à l'Église catholique et à ses cadres locaux qu'elle le doit. Même si, la tutelle cléricale devenant insupportable, il y a eu, depuis une cinquantaien d'années, une réaction anticléricale assez forte (voir mes chroniques précédentes). 

 

     J'allais oublier une tradition de la fête nationale : le "tintamarre". Pas le défilé d'une armée, ni des enfants des écoles mais une manifestation bruyante et joyeuse. La plus importante se déroulant à Caraquet (Justin Trudeau, un as de la communication politique qui doit faire pâlir d'envie Hollande, s'y est déplacé cette année : c'est le gars en chemise blanche que l'on voit sur une des photos)      http://festivalacadien.ca/

 

     Le drapeau est un véritable signe d'affirmation. On le trouve décliné sous toutes les formes : phares "tricolores" ; poteaux peints en bleu, blanc, rouge ; nom des propriétaires sur fond tricolore, etc... A contrario, quand on voit un drapeau canadien devant une maison, on peut être sûr que le propriétaire est anglophone.

Dans certains lieux, tous les poteaux étaient "repeints"

Dans certains lieux, tous les poteaux étaient "repeints"

15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 06:49

Bonjour,

 

L'association "les Riverains et les Amis de Béner"

 

organise une réunion publique

 

le mercredi 21 septembre 20h30,

 

salle Charles Trenet.

 

 

Après l’enquête publique « loi sur l’eau » et les permis d’aménager, la commission d'enquête a donné un avis favorable sans réserve, sous-estimant largement ou ignorant les risques encourus par la population concernant l'eau potable, les eaux pluviales, les difficultés de circulation et la pollution de l'air.

 

Nous ferons une analyse du rapport d'enquête, puis nous échangerons sur les suites à donner tant au niveau de l'information qu'au plan juridique.

 

 

Nous pouvons encore agir, rien n’est définitif,

 

votre mobilisation doit faire échouer le projet.

 

Nous comptons sur votre présence.

 

 

Cordialement,

 

 

Jean Claude Querville

13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 15:59

     L'élection présidentielle structure la vie politique française. Ce qui n'est pas un gage de démocratie car les espoirs de changement reposent sur un seul homme. Situation aggravée par l'institution du quinquennat et l'inversion du calendrier : la durée du mandat des députés est la même que celle du mandat présidentiel ; les élections législatives ayant lieu après les présidentielles, elles jouent un rôle secondaire (et les députés par la même occasion). Sans oublier qu'il ne s'agit pas seulement pour les divers protagonistes de faire des voix et d'obtenir des députés mais d'être un des deux qualifiés au second tour.

 

     La préparation des élections de 2017 offre un triste tableau. 

 

     En effet, presque tous les candidats de 2012 se préparent à être concourir, à nouveau en 2017. Il paraît que les Français veulent le changement : ils sont servis. 

 

     Hollande souhaite se représenter malgré son bilan calamiteux. Sarkozy va tout faire pour être choisi comme candidat de la droite ; on peut lui faire confiance pour user de tous les moyens (mais pas pour changer par rapport au septennat 2007 - 2012). La fille Le Pen sera encore candidate et espère bien se retrouver dans le sprint final. Mélenchon appelle à suivre son panache rouge sur la base d'une dénonciation des partis et d'un programme aux relents nationalistes inquiétants (j'y reviendrai). Bayrou sera candidat si Sarkozy l'est mais il a peu de chance de finir dans le carré de tête. Dupont-Aignan, Poutou et Arthaud sont dans les starting blocks. Seule Eva Joly a renoncé. 

 

     Qui peut déranger le bal des prétendants ?

 

     Au sein de la droite, Juppé est plus policé et plus rassembleur mais il serait naïf de croire qu'il appliquerait une politique différente de celle de Sarkozy. 

 

     Macron piaffe d'impatience et a de forts soutiens au sein du patronat. Il incarne la jeunesse, du moins celle des beaux quartiers. Ceci dit, s'il se présente, il gênera surtout la droite et pourrait, par ricochet, qualifier Hollande. 

 

     Et à gauche ? Hollande est totalement discrédité mais aucun candidat n'adopte une posture de rassemblement visant à disputer au président l'hégémonie à gauche et à obtenir la victoire. Comme si tout un chacun considérait que le second tour sera disputé entre la droite et Le Pen et qu'il fallait préparer l'après. Ce qui est franchement suicidaire. 

     

12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 08:30
Sur les murs d'une maison

Sur les murs d'une maison

     Oui, Vive l'Acadie ! mais l'Acadie existe-t-elle ?

 

     Historiquement, l'Acadie fut une colonie française d'Amérique du Nord. La première d'ailleurs puisque la colonisation commença avant la vallée du Saint Laurent (ce qui est actuellement le coeur du Québec et qui se nommait alors Canada). Cette Acadie historique correspondait grossièrement au territoire des quatre "Provinces maritîmes" actuelles. A savoir : Nouvelle Écosse, Nouveau Brunswick, Ile du Prince Édouard, Terre Neuve. J'écris "approximativement" car les colons étant peu nombreux, ils n'occupaient qu'une partie infime de ces terres ; principalement, sur la rive orientale de la baie de Fundy, dans l'actuelle Nouvelle Écosse. De plus, les Anglais ont toujours revendiqué tout ou partie de ces territoires avant de s'emparer de leur totalité (sauf Saint Pierre et Miquelon) entre 1713 et 1763. 

 

     

Cette carte montre assez bien où se situaient les principaux établissements français en Acadie.(en rose : la partie de la Nouvelle Écosse conquise par les Anglais en 1713).

Cette carte montre assez bien où se situaient les principaux établissements français en Acadie.(en rose : la partie de la Nouvelle Écosse conquise par les Anglais en 1713).

     

 Chacun connait l'histoire du Canada au sens étroit (voir paragraphe précédent) où les colons passent sous la domination des Anglais tout en ayant le droit de conserver leur langue et leur religion (du moins dans le Bas Canada). Ils sont à l'origine du peuple québecois fort de millions d'individus (cf. la plupart des articles de ces "Chroniques canadiennes"). Le sort des habitants d'Acadie sera bien moins enviable et même tragique. En effet, à partir de 1755 et jusqu'en 1763, ils sont chassés de leurs terres par les Anglais et déportés dans les colonies anglaises, en Angleterre ou en France. C'est le "Grand Dérangement".  Le même processus se reproduira de nombreuses fois. Ainsi de la déportation des "Cinq tribus civilisées", vers le "Territoire Indien" entre 1831 et 1838 (nommée "Piste des larmes") et, à une échelle bien plus vaste,  les massacres et la déportation des Arméniens 160 ans plus tard.

Cette carte, installée à Sainte Anne du Bocage, à Caraquet, au nord-est du Nouveau Brunswick, montre les périples des Acadiens.

Cette carte, installée à Sainte Anne du Bocage, à Caraquet, au nord-est du Nouveau Brunswick, montre les périples des Acadiens.

  Une importante proportion des déportés mourut. D'autres s'établirent définitivement hors de l'Acadie (par exemple, en Louisiane ou en Gaspésie). Quelques-uns, enfin, revinrent en Acadie mais leurs terres ayant été occupées par les colons anglais, ils s'installèrent généralement ailleurs, surtout au Nouveau Brunswick, recréant, ainsi, une nouvelle Acadie. Un taux de natalité très élevé  empêcha les Acadiens - surtout ceux du Nouveau Brunswick - d'être submergés par les immigrants britanniques (Loyalistes ayant fui les États-Unis devenus indépendants, Irlandais et Écossais chassés par la misère...) alors que l'immigration francophone était inexistante. A noter, toutefois, que des Irlandais  (Mc Graw, Finn...) se marièreent avec des Acadiennes et s'intégrèrent au peuple acadien.   

Au cimetière de Grande Anse

Au cimetière de Grande Anse

     

  Pour survivre, les Acadiens développèrent un réseau dense de coopératives en tout genre qui ont acquis, désormais, une grand importance économique : banques, magasins, assurances, agriculture, pêche... 

 
Pourcentage de francophones par collectivité au Nouveau Brunswick

Pourcentage de francophones par collectivité au Nouveau Brunswick

     Cette carte montre bien que les francophones du Nouveau Brunswick habitent essentiellement au nord et à l'est de la province. Il subsiste quelques enclaves anglophones dans ces zones. Les minorités francophones dans l'ouest correspondent surtout à la capitale Fredericton et, donc, à des fonctionnaires francophones.

 

     Commença alors, pour les Acadiens,une longue marche afin de faire reconnaître leurs droits dans le domaine de l'Éducation et de la Culture.

 

     En 1969, sur l'initiative de Louis Robichaud, premier acadien devenu Premier Ministre du Nouveau Brunswick, une première loi est votée dite "Loi sur les langues officielles du Nouveau Brunswick" qui établissait le français et l'anglais comme langues officielles de la la législature et de l'administration. En 1981, une autre loi établit l'égalité linguistique entre les communautés francophone et anglophone. Le Nouveau-Brunswick devient donc la première province bilingue du Canada (le Manitoba l'avait été à la fin du XIXème mais les francophones furent submergés par les immigrants et le bilinguisme fut supprimé)

 

     Du fait de ce bilinguisme, tout l'affichage officiel est fait dans les deux langues : panneaux routiers, bâtiments publics, indications des rues (ex rue de l'Église street ou rue Main street). Un exemple à Saint John, en pleine zone anglophone

 

 

 

Chroniques canadiennes (12)

     Autre exemple : dans les offices du tourisme, nous avons toujours trouvé une personne qui parlait français (c'était le plus souvent sa langue maternelle) ; idem à l'entrée du Parlement provincial.

 

     Pour ce qui ressort du privé, la situation est différente. En zone anglophone, les panneaux dans les magasins sont rédigés uniquement en anglais et le personnel ne parle pas le français. Inversement, à Tracadie, pas un mot d'anglais dans le Superstore local. En zone mixte, voire en zone francophone, on trouve les deux langues.

 

     Quel changement par rapport à 1976 où on ne trouvait aucune inscription en français y compris à Edmunston dont la population est francophone à plus de 90%.

 

     Cependant, dans les zones francophones, outre un grand nombre de noms indiens (Shediac, Kouchibouguac, Neguac, Bouctouche, Memramcook, Sheila, Shippagan voire Caraquet et Lamèque) , on trouve des toponymes anglophones pour les localités (Beresford ou Edmunston... Caron Brook, Losier Settlement) et, surtout pour les rues (les rues du centre d'Edmunston ont quasiment toutes des noms anglais hormis la rue de l'Église qui s'appelait Church Street en 1976 ; idem à Grand Sault)

 

     Quant à la situation du français dans les autres provinces maritimes elle est nettement moins réjouissante : ils ne dépassent pas les 4% de la population ; cf. le site de la Fédération des Communautés Francophones et Acadiennes du Canada http://www.fcfa.ca/

     Pour en savoir plus concernant l'histoire de l'Acadie :

 

Excellent résumé par Nicolas Landry de l'Université de Moncton : http://www.cuslm.ca/~clio/fenetre/frame1/resume.htm

 

Article de wikipedia un peu plus confus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Acadiie

 

A suivre...

11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 16:44

Présentation

  • : Le blog de Gérard FRETELLIERE
  • : Militant autogestionnaire, écologiste et altermondialiste depuis près de 50 ans, je crois qu'un "Autre monde est possible". Sabolien depuis un tiers de siècle, je suis très impliqué dans le vie locale (conseiller municipal d'opposition de 1989 à 2008 responsable syndical et associatif). Géographe de profession, je suis passionné de voyages et de jardinage.
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